« Y aura-t-il toujours des pauvres? » : les transformations des discours sur la pauvreté en période de prospérité

Stéphanie O’Neill

Abstract


Cet article s’intéresse à la façon dont les discours en circulation au Québec parlent de la pauvreté urbaine dans un contexte de prospérité. Il met en lumière la coexistence, pendant les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale, d’une vision « individualisante » de la pauvreté avec une conception plus « socialisante » assimilant ce phénomène à une injustice. Il soutient aussi qu’un changement de paradigme s’effectue dans les années 1960 et 1970, la pauvreté commençant à être appréhendée en lien avec la société de consommation en voie de consolidation. Dans ce contexte, la pauvreté qui perdure en dépit de mesures prises pour l’enrayer dérange de plus en plus et en vient à être assimilée à un phénomène social dont l’injustice est exacerbée par les valeurs de la consommation de masse et la prospérité ambiante qui le rendent d’autant plus inacceptable.

 

This article examines Quebec discourses on urban poverty during a period of prosperity. It shows that during the immediate years following the Second World War, an “individualizing” vision of poverty coexisted with a more “collectivist” conception of poverty as injustice. The sixties and seventies witnessed a paradigm shift as commentators began to understand poverty in relation to a fast-evolving consumer society. Poverty, which persisted despite the implementation of anti-poverty schemes, was increasingly viewed as an unjust and unacceptable phenomenon in the context of a prosperous mass consumer economy.


Full Text:

 Subscribers Only