The Gentlemanly Order & the Politics of Production in the Transition to Capitalism in the Home District, Upper Canada
Albert Schrauwers
Few have examined the class politics of pre-Rebellion Toronto in any detail; a vocabulary of class born in an industrial setting appears poorly fitted to an agrarian colony where production took place in small workshops of independent journeymen and apprentices under the supervision of master craftsmen. This article, in contrast, examines the transformations in class relations of the period in a framework derived from Cain & Hopkins theory of “Gentlemanly Capitalism.” It examines the creation of the three “fictitious commodities” (money, land, and labour) that Polanyi places at the heart of the “Great Transformation” in the context of the “Gentlemanly Order” being constructed by Upper Canada’s elite. This Gentlemanly Order was corporate in nature. The article concludes with an analysis of class conflict that resulted in the era, in particular in the building trades, where workers helped form a province-wide “Mechanics Association.”
Peu ont examiné la politique des classes de la période de pré-rébellion à Toronto en quelques détails; un vocabulaire de classes né dans un cadre industriel a paru mal accordé à une colonie agrarienne où la production a eu lieu dans des petits ateliers de voyageurs indépendants et d’apprentis sous la supervision des maîtres d’oeuvre. Cet article, en revanche, examine les transformations dans les relations de classes de la période dans un cadre provenant de la théorie Cain et Hopkins de « capitalisme de bonne grâce ». Il examine la création de trois « commodités hypothétiques » (argent, terre, et main-d’oeuvre) que Polanyi place au coeur de la « grande transformation » dans le contexte de « l’ordre de bonne grâce » établi par l’élite du Haut-Canada. Cet ordre de bonne grâce est de nature collective. L’article conclut avec une analyse des formes de conflits de classes qui ont eu lieu, à cette époque-là, en particulier dans les métiers du bâtiment, qui ont aidé à former une « association de mécanique » dans l’ensemble de la province.
The Long, Angry Summer of ’43: Labour Relations in Quebec’s Shipbuilding Industry
James Pritchard
The complex story of labour unrest in Quebec’s shipbuilding industry considerably broadens understanding of Canada’s wartime industrial relations. For while trade union leaders were significant in organizing thousands of shipyard workers, and government and business opposition were givens, workers sometimes struggled in the absence of leadership to achieve their goals and inter-union conflict frequently obstructed their efforts. The spontaneity of worker struggle in Quebec shipyards was less due to union weakness, however, than to conflict between craft versus industrial-based trade unionism. Strikes in Quebec’s shipbuilding plants during 1943 also shed light on the growing failure of the Canadian government’s labour policy known as compulsory conciliation. The contextualization of labour relations in Quebec’s shipyards during that long, angry summer lends support to those historians who argue that workers’ struggle rather than politicians’ acuity had a greater impact on the eventual appearance of pc 1003 than others would allow.
L’histoire complexe de l’agitation ouvrière dans l’industrie navale au Québec permet de bien mieux comprendre les relations industrielles au Canada en temps de guerre. Alors que les dirigeants syndicaux jouèrent un rôle significatif dans l’organisation de milliers de travailleurs des chantiers navals, et que l’opposition du gouvernement et du patronat était réelle, les ouvriers eurent, par moment, à lutter pour atteindre leur but en l’absence de direction, et dans le contexte de conflits intersyndicaux. La spontanéité des actions de lutte ouvrière, dans les chantiers navals du Québec, est pourtant attribuable moins à la faiblesse des syndicats qu’aux conflits entre les syndicats représentant les artisans et ceux représentant l’industrie. Les grèves au Québec dans l’industrie navale en 1943 révèlent également l’échec croissant du gouvernement canadien à faire respecter sa politique de conciliation obligatoire. Le contexte des relations industrielles dans les chantiers navals du Québec, pendant cet été mouvementé, appuie la thèse des historiens selon lesquels le combat des ouvriers eut un impact plus important que l’intelligence des politiques dans la parution de pc 1003, qu’on ne l’a généralement admis.
Organizing a Wartime Shipyard: The Union Struggle for a Closed Shop at West Coast Shipbuilders Limited 1941-44
Chris Madsen
During World War II thousands of workers entered the employ of wartime shipyards in British Columbia. Most Vancouver-area shipyards, following general practice in the United States along the Pacific Coast, operated on the basis of a closed shop, whereby membership was required in recognized labour unions holding agreements with the companies. Management at one shipyard, West Coast Shipbuilders Company Limited, however, bucked this trend and maintained an open shop in the face of growing pressure by the unions, in particular the marine boilermakers, to have a closed one. William McLaren, the main antagonist, reflected enduring older values among some employers in antithesis to labour-management cooperation prevalent in the United States and Canada in support of war production. Though the matter went to conciliation, the drawbacks of a legal approach were readily apparent when a board turned down labour’s request, and negotiations assisted by a judge resulted in adoption of a lesser maintenance of membership clause instead of the closed shop. Worker militancy and aggressive organizing, in the end, could not deliver the closed shop at West Coast Shipbuilders before war contracts concluded and shipbuilding contracted in the province. Taking a local, regional, and industry-specific perspective, this study argues that the union struggle for recognition and accommodation from employers in wartime Canada faltered in the case of obtaining a closed shop at this British Columbia wartime shipyard.
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, des milliers de travailleurs ont été employés dans les chantiers navals en Colombie-Britannique. La plupart des chantiers navals dans la région de Vancouver, en suivant la pratique générale aux États-Unis tout au long de la côte du Pacifique, fonctionnaient à titre d’ateliers fermés, dans lesquels l’adhésion aux syndicats reconnus qui détenaient des ententes avec les entreprises était obligatoire. La gestion à un chantier naval, West Coast Shipbuilders Company Limited, toutefois, a agi à contre-courant et a maintenu un atelier ouvert face à la pression croissante des syndicats, en particulier, les fabricants de chaudières marines, pour en avoir un fermé. William McLaren, l’antagoniste principal, reflétait des valeurs plus anciennes et durables parmi certains employeurs par opposition à la collaboration ouvrière patronale courante aux États-Unis et au Canada à l’appui de la production pour la guerre. Bien que l’affaire ait passé à la conciliation, les inconvénients d’une approche juridique étaient très apparents quand une commission avait refusé la demande des syndicats, et les négociations assistées d’un juge avait donné lieu à l’adoption du maintien moindre d’une clause d’adhésion au lieu d’un atelier fermé. La militance des travailleurs et l’organisation agressive, au bout du compte, n’avait pas délivré l’atelier fermé aux chantiers navals de West Coast avant la fin des contrats pour la guerre et l’installation des chantiers navals dans la province. En prenant perspective locale, régionale et axée sur l’industrie, cette étude met en évidence l’argument que la lutte des syndicats pour la reconnaissance et l’accommodation des employeurs pendant la guerre au Canada a chancelé dans le cas de l’obtention d’un atelier fermé à ces chantiers navals de Colombie-Britannique.
La gestion des ressources humaines dans les usines de munitions durant la Deuxième Guerre mondiale : le cas de la General Engineering Company
Pierrick Labbé
Cet article examine la gestion des ressources humaines qui était faite à l’usine de la General Engineering Company de Scarborough, durant la Deuxième Guerre mondiale. L’étude de ce cas, conceptualisée de manière à y inclure les caractéristiques structurelles de l’économie capitaliste ainsi que l’interventionnisme gouvernemental, démontre à quel point le secteur privé et le marché de l’emploi furent des facteurs déterminants dans la transformation des conditions de travail pendant cette période. L’importance de la production de certains articles militaires pour l’effort de guerre conditionna une collaboration entre le gouvernement et les entreprises privées pour garantir une stabilité de la main-d’oeuvre. Les stratégies utilisées pour assurer une continuité de la production, telles que le choix d’une main-d’oeuvre féminine, l’adoption de mesures issues du welfare capitalism ou la lutte aux syndicats externes, contribuèrent à transformer le milieu de travail et à développer un climat propre à cette période de guerre et aux usines financées par le gouvernement fédéral.
This article examines human resources management in the General Engineering Company plant at Scarborough during World War II. A study of this case, conceptualized to include the structural characteristics of the capitalist economy and government intervention, demonstrates how the private sector and the labour market were key factors in transforming working conditions during this period. The importance of the production of certain military items for the war effort resulted in a collaboration between the government and private companies to ensure a stable workforce. The strategies used to assure continuity of production, such as the choice of a female workforce, the adoption of measures of welfare capitalism or the struggle against outside unions, contributed to the transformation of the workplace and the development of the work environment unique to the period of the war and to factories financed by the federal government.


